Le soft-lifting : premier bilan

LE SOFT-LIFTING : PREMIER BILAN



INTRODUCTION

L'histoire du lifting de la face ou rhytidectomie a été marquée par des évolutions importantes au cours de ces dernières décennies. De purement sous-cutané, le lifting est devenu sous-musculo-cutané avant de passer à la phase récente souspériostée. Chacun des adeptes de ces méthodes a avancé les arguments-clefs pour défendre sa technique, en oubliant parfois l'intérêt de la patiente, laquelle recherche toujours le meilleur résultat avec le moins de douleurs et de séquelles possibles, la reprise d'activités normales étant souhaitée sans délai exagéré. Toutes les recherches cliniques et anatomiques ont été ponctuées d'étapes progressives dans la dissection, les plus courageuses ayant été accompagnées de complications rétrospecti-vement trop fréquentes. Elles ont toutefois le mérite d'avoir stimulé les audaces, encouragé les recherches anatomiques, lesquelles ont débouché sur le composit-lifting américain, repensé aujourd'hui en fonction de nos exigences européennes pour aboutir au soft-lifting.


Comme chacun d'entre nous le sait, il n'existe pas un lifting, mais bien plutôt une chirurgie de rajeunissement adaptée à chaque visage, à sa tonicité ou à sa flaccidité, à sa maigreur ou à sa rondeur, à son âge, au squelette sous-jacent ou aux disgrâces à gommer. Le soft-lifting, aboutissement de toutes les recherches antérieures, semble pourtant dans la majorité des cas être la bonne réponse à cette demande d'un résultat optimal accompagné de suites opératoires minimales, pour les patient(e)s se situant dans la catégorie d'âge allant de 40 à 55 ans. Notre expérience avec la technique, basée aujourd'hui sur 38 cas opérés en 1992-1993, semble convaincante en ce qui concerne le traitement des deux tiers inférieurs de la face. Très souvent le soft-lifting sera associé à un 1ifting frontal sus ou sous-périosté, aspect qui n'est pas abordé dans cet article.






RESUME

Soft-lifting, résumé

Le soft-lifting est une nouvelle technique de rajeunissement de la face dérivée du lifting profond décrit en 1990 par Hamra, défini par Bonnefon en 1993 et revu par l'auteur. Il permet de corriger les défauts dus à la pesanteur de l'âge au niveau des deux tiers inférieurs de la face grâce à un décollement profond extensif du système musculo-aponévrotique superficiel et un décollement cutané minime au niveau du tiers moyen. Le plan de décollement étant profond, les ecchymoses sont peu importantes et les suites opératoires facilitées. Quant aux résultats obtenus, ils sont très prometteurs et comparables aux meilleurs obtenus avec des techniques beaucoup plus traumatisantes. L'expérience rapportée ici se base sur l'étude de 38 cas opérés en 1992-1993.


REMARQUE TECHNIQUE PRELIMINAIRE

Soft-lifting, remarque technique préliminaire

Si la dissection du système musculoaponévrotique superficiel de la face (SMAS) a été rendu possible grâce aux travaux inspirés par Paul Tessier, c'est à Bruce Connell que nous devons les premières dissections extensives du muscle peaucier au niveau du cou.


En 1990, Sam Hamra a publié son expérience du lifting profond, technique qui permet d'élever en bloc muscle, graisse et peau, presque sans décollement cutané. La dissection du système musculo-aponévrotique superficiel, commencée au niveau prélobulaire et se prolongeant dans un plan avasculaire jusque sur le muscle masséter, permet de décoller de façon très extensive les plans profonds, pour être ensuite poursuivie vers le haut jusqu'à hauteur de l'insertion du muscle grand zygomatique sur le malaire. A ce niveau, la dissection change de plan, et, de profonde devient superficielle, sous-cutanée, facilitant ainsi la remontée du sillon nasogénien. En phase de dissection finale, la pointe des ciseaux dépasse même la limite du sillon nasogénien et peut aller jusqu'à la lèvre supérieure. La remontée en bloc de la couche musculo-cutanée permet alors l'ascension de tous les tissus ayant subi la pesanteur due au vieillissement et leur repositionnement.


Le concept de soft-lifting dérive de celui du lifting profond dont il est très proche. Il s'en différencie toutefois sur certains points, le plus frappant étant la non-dissection sous le muscle orbiculaire de la paupière inférieure, dissection à notre avis pas nécessaire et présentant en outre une plus grande morbidité. Tout comme Bonnefon, l'un des pionniers du soft-lifting, nous réservons le terme de Softlifting au redrapage de la face par une voie d'abord chirurgicale limitée au tiers médian, lorsque le cou n'est ni abordé par une voie sous-mentonnière, ni disséqué extensivement en sous-cutané, et le peaucier laissé intact. Raison pour laquelle ces techniques complémentaires ne sont pas décrites ici, même si elles se révèlent quelquefois utiles ou nécessaires. Dans ces cas, la dissection au niveau du cou étant forcément très importante, le terme de «Soft» ne nous paraît dès lors plus approprié.


Mais quels sont les défauts dus au vieillissement susceptibles d'être gommés ? Dans la catégorie d'âge évoquée plus haut, ces signes sont l'apparition des bajoues, l'accentuation du pli nasogénien, l'aplatissement de la pommette, l'apparition de rides cutanées superficielles et les cordes sous-mentonnières dues au relâchement du muscle peaucier ayant perdu son tonus. Furnas et Stuzin ont admirablement décrit les ligaments de la face et les barrières qu'ils représentent lors de l'affaissement des téguments. Ceci expliquant cela ! Toutes les manoeuvres chirurgicales viseront donc à repositionner les tissus à leur endroit originel en leur laissant leur aspect souple et naturel. En raison d'un décollement cutané minimal et profond maximal, en raison aussi de l'absence de tension sur la peau en fin d'intervention, le soft-lifting permet d'atteindre ce but.








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Référencement et positionnement du soft-lifting