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Parmi les signes du vieillissement de la face, il en est un qui est particulièrement inesthétique et inacceptable pour beaucoup de patientes : l'apparition de ridules s'étendant depuis le vermillon de la lèvre supérieure, vers le haut.
Il s'agit là d'un problème qui concerne principalement les femmes, peu d'hommes sont concernés.
Ces rides dérangent sur le plan fonctionnel également, étant donné que le rouge à lèvres y pénètre et ainsi empêche un maquillage régulier de la lèvre supérieure.
L'apparition à cet endroit spécifique de ridules marquées résulte sans doute de nombreux facteurs, les plus importants étant la fumée et l'exposition prolongée au soleil.
Pour les éliminer, de nombreuses techniques sont à notre disposition et toutes ont déjà été appliquées : l'excision chirurgicale, la mise en place de fils de Goretex, ou encore de bandelettes dermiques, les injections de silicone, de graisse (le filling), de collagène, la dermabrasion et le peeling chimique.
Le peeling au phénol est un peeling chimique profond, utilisé pour le traitement des rides de la lèvre supérieure.
Il peut également être utilisé pour traiter d'autres rides, par exemple de la lèvre inférieure ou même parfois du visage entier.
Si je me limite à décrire ici le traitement de la région péri-buccale, c'est que cette indication est la plus fréquente pour le peeling au phénol.
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Il n'est point de mon propos d'évoquer en détail les différentes techniques chirurgicales ou les différentes injections proposées par certains auteurs.
Pour mémoire, rappelons que les excisions de peau sur le pourtour de la lèvre ou à la base du nez ne permettent pas d'éliminer complètement les ridules et que ces techniques sont actuellement réservées pour d'autres indications.
De plus, elles entraînent des cicatrices dont l'aspect peut parfois ne pas être parfait.
La mise en place de bandelettes dermiques laisse parfois des petites adhérences visibles sous la peau, lesquelles peuvent, à la longue, altérer le résultat. Je n'ai personnellement pas l'expérience des fils de Gore-tex (polytétrafluoroéthylène) dans cette indication mais les résultats présentés par certains auteurs semblent nous encourager dans une utilisation plus large de ce tissu synthétique de renforcement.
Il est probable que son usage s'étendra à d'autres domaines de la chirurgie esthétique dans un proche futur.
Quant aux autres techniques évoquées, à savoir les injections de graisse ou de collagène, elles présentent toutes leurs avantages et leurs désavantages.
Elles sont utilisées avec un certain succès par beaucoup d'auteurs, tout comme les injections de silicone que je ne préconise pourtant jamais dans cette indication.
En effet, des distorsions secondaires de la lèvre supérieure peuvent apparaître et il a d'autre part été prouvé que le silicone est susceptible occasionnellement de diffuser dans les tissus.
La dermabrasion est une autre technique de choix, ayant des indications précises, et permettant d'obtenir également de très bons résultats.
Le peeling chimique, sorte de chémochirurgie superficielle, est utilisé de différentes façons en dermatologie et en chirurgie esthétique depuis plusieurs dizaines d'années.
De nombreux agents exfoliants, aussi bien chimiques que physiques, sont utilisés. On peut citer le 5-Fluorouracil, l'acide rétinoïque, l'acide salicylique, le résorcinal, l'azote liquide, le dioxyde de carbone.
Parmi les agents plus légers, l'acide trichloracétique est aujourd'hui reconnu comme l'un des meilleurs agents pour les peelings superficiels dits rafraîchissants.
Pour les peelings chimiques profonds, ce sont les formules à base de phénol telles que celle dont nous parlerons aujourd'hui qui sont utilisées. Il s'agit là de procédés agressifs, utilisés par les chirurgiens esthétiques, nécessitant une certaine habitude et ce, d'autant plus que les produits possèdent une certaine toxicité.
La chémochirurgie ou chémabrasion est un terme généralement bien accepté en chirurgie esthétique et qui n'existe en fait que depuis une cinquantaine d'années à peine.
Sans faire une revue de toutes les publications sur le sujet datant des années 50-60, nous sommes bien obligés de reconnaître que les peelings superficiels existent depuis plus de 50 ans maintenant.
Divers auteurs, la plupart dermatologues, en ont fait état bien avant que Clyde Litton ou Baker et ses collaborateurs décrivent le peeling à base de phénol soit le peeling profond chirurgical en 1961.
Il faut savoir que les formules à base de phénol avaient déjà été utilisées auparavant par de nombreux dermatologues, sans toutefois que la propagation de la méthode ne se fasse comme ce fut le cas après la publication de Baker.
Rapidement, d'autres chirurgiens se sont ensuite attachés à décrire leurs premières expériences.
Les indications pour le peeling chimique de la face sont les suivantes: les petites ridules péribuccales, certaines pigmentations de la peau ou encore des dommages dus aux radiations, quelquefois un acné superficiel ou des hyperkératoses.
La formule que nous utilisons est celle proposée par Baker et Gordon soit un mélange de phénol, d'eau distillée, de savon liquide et d'huile de croton.
Il faut savoir que le phénol sublime facilement ; exposé à l'air et à la lumière, il se colore en rose.
C'est une substance très corrosive qui se conserve en verre étanche, à l'abri de la lumière, et qu'il faut manier avec prudence.
La préparation est fraîche et la solution doit être préparée juste avant son utilisation.
Une petite émulsion se produit lors du mélange des différents composants et il est nécessaire de bien secouer le mélange avant de l'appliquer.
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